Le business du spirituel en Inde

Depuis que je voyage en Inde, je croise des tas de voyageurs qui sont en quête de spiritualité et qui viennent en Inde pour le yoga, la méditation ou encore la médecine ayurvédique.

De ce fait, beaucoup d’Indiens tirent profit de cet engouement et des tas de centres spirituels et de guérison voient le jour un peu partout. Un véritable business lucratif !

C’est quoi la médecine ayurvédique ?

Pour information l’Ayurveda est une médecine traditionnelle et non conventionnelle originaire de l’Inde. Elle puise ses sources dans le Véda, ensemble de textes sacrés de l’Inde antique.

Je vous l’avoue timidement, je ne fais pas exception. Initialement j’avais comme projet de visiter l’un de ces centres de yoga.

« Une semaine dans un ashram au coeur de l’Inde pour se familiariser et apprendre les bases du yoga ! » disait la pub.

Mais ce que j’ai pu découvrir en visitant ces centres spirituels n’est que folklore et « attrape-touriste ».
Je vous assure, j’avais l’impression d’être un septuagénaire à qui on essayait de refourguer un tapis persan.
Voyageant depuis plusieurs années, je suppose que je suis très las de tous ces endroits où la plupart des clients sont des étrangers.

Aujourd’hui, je suis toujours à la recherche d’un lieu authentique où les locaux se rendent.
Je suis convaincu que ces endroits ont existé il y a longtemps, mais une fois que les étrangers ont commencé à affluer, pourquoi devrait-on faire payer 100 roupies (1,40 euro) aux locaux quand on peut faire payer 1000 roupies (14 euros) à un touriste ?
Le smic en Inde est de 3500 roupies (50 euros), les habitants ne peuvent donc pas se permettre de dépenser cette somme exorbitante. Ces centres ne semblent donc être destinés qu’aux étrangers et aux riches Indiens.

J’ai interrogé plusieurs amis Indiens à ce sujet. Je leur ai demandé s’ils pratiquaient le yoga, la méditation ou allaient dans l’un de ces centres ayurvédiques.
Certains n’avaient pas la moindre idée de ce dont je parlais.
D’autres se moquaient de moi en me confirmant que ces endroits n’étaient que des attrapes-touristes.
D’autres encore m’ont dit que ce sont de vieilles pratiques et que plus personne ne s’y intéresse.

Il y a bien entendu des pratiques ayurvédiques transmises de génération en génération au sein des familles pour des maladies précises. Les indiens se rendent alors à l’ouest où des installations médicinales et des cliniques homéopathiques sont implémentées. Mais la plupart des indiens font beaucoup plus confiance à la médecine occidentale, tout simplement parce qu’elle est plus sûre et réglementée que celle de la médecine ayurvédique.

Je suis certain que si je reste en Inde assez longtemps je serais en mesure de trouver de véritables gourous guérisseurs ayurvédiques, ou un véritable ashram où il me sera possible d’y séjourner gratuitement comme dans ce temple bouddhiste en Thailande. Mais le prix à endurer pour cette quête me tuera probablement.

Au final, si vous êtes à la recherche de cette voie occidentalo-spirituelle et que devenir Sadhu vous rebute, vous pouvez éviter ce voyage en Inde, éviter le stress, la chaleur et la pollution et vous diriger vers cette salle de yoga et de méditation en bas de chez vous.

Après tout dépend de votre définition du spirituel. Pour les Indiens, au coeur de l’hindouisme, la spiritualité se trouve dans le culte du linga.
Mais bon, c’est plutôt ironique, le fait de me retrouver au fin fond du monde dans un temple hindou où y est adoré un… lingam et un yoni.

Alors je me suis tapé toute cette route pour voir un pénis et une vulve en pierre ?

J’aurais préféré quelque chose de plus subtile, poétique, métaphorique, symbolique, mystique.
Genre le ying et le yang.

Mais bon, je suppose que ma définition de la spiritualité est comme la plupart des occidentaux…

C’est quoi un Sadhu ?

Sadhu spirituel en indeLe sādhu est celui qui a renoncé à la société pour se consacrer au but de toute vie. En tant que renonçants, ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses, s’habillent d’un longhi (de couleur safran pour les shivaïtes) et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l’Inde et du Népal… J’ai rencontré ces deux Sadhus dans la région du Kerala, en Inde.

Ryan Lesacados

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  • Mat

    Tiens, je me disais aussi que c’était un attrape touriste mais les indiens auraient tort de ne pas faire d’argent la-dessus, tant qu’il y a des occidentaux près à payer pour trouver l’illumination. Sinon les sadhus ils se laissent facilement prendre en photo ou pas ???

  • sebastien

    aujourd’hui à hampi , on « baptisait » les touristes au temple et le « guru » comptait sa liasse devant tout le monde. juste un exemple…

  • Piotr

    « Je suis certain que si je reste en Inde assez longtemps je serais en mesure de trouver de véritables gourous guérisseurs ayurvédiques, ou un véritable ashram où il me sera possible d’y séjourner gratuitement comme dans ce temple bouddhiste en Thailande. Mais le prix à endurer pour cette quête me tuera probablement. »

    Tout ce qui est authentique est difficile à trouver… cela le rend d’autant plus beau. Et de la quête à la découverte de cette authenticité, le voyage est aussi très intéressant 😉

    Content de te lire de nouveau.

  • Malheureusement, ce que tu racontes ne m’étonne pas, c’est un filon qui plait aux occidentaux alors forcément, il y a des abus.
    Des centres traditionnels et ancestraux doivent sûrement exister, mais si tu dois en découvrir un, je parie sur le hasard pour le placer sur ta route…

  • Adil

    C’est assez navrant de lire cet article mais bon ce sont les effets de la mondialisation…C »est assez dommage que presque tout se transforme en attrappe touriste. Ne voient-ils pas que des voyageurs comme toi ne sont justment pas là pour les mêmes raisons que ces touristes?

  • Salut Ryan,
    Ce poste ma fait pensé à ton article « Top 10 Les meilleurs films sur le voyage » (29/04/2012) (T’as vu, j’apprends tout par cœur… j’suis presque bon pour le guiness :p), où tu parlais du film « À bord du Darjeeling Limited »

    Dans ce film, la vrai quête spirituelle commence lorsque le train se perd, puis qu’ils se font expulser.

    Le spirituel, tout comme le voyage profond, commence là où l’argent n’a plus rien à y voir, non ?

    Bon voyage!

  • Ça m’a tellement fait marrer, durant mon voyage en Inde fin 2010… j’ai vu tellement d’Occidentaux semi-hippies qui étaient là, de toute évidence, pour aller se ressourcer dans un centre spirituel.
    Avec tant de pauvreté et les Sadhu qui demandent de l’argent pour une photo (ok ok je sais, c’est partout pareil, tu veux quelque chose de typique, tu paies), je me dis que tu dois te rendre compte assez vite que tu te fais avoir avec le prix que tu paies. Mais bon, ça fait rouler l’économie! 😉

  • Oooooh…. Ca fait longtemps qu’on sait que les gourous sont des filous, Ryan. ;D
    Je ne serai pas aussi acerbe avec ces gens qui cherchent un mieux être. L’Inde véhicule encore cette image, alors que comme la plupart des grands pays, elle se tourne plus vers la modernité et s’occidentalise. Si ça leur fait u bien et si ça fait tourner l’économie, dans le fond… ;D

  • Et oui, trop de touristes et c’est le tourisme qui en pâtit…Qu’est-ce que j’aurais aimé voyager à l’époque de nos grands parents quant il n’y avait presque aucun touristes nul part…Maintenant n’importe quel endroit dans le monde devient un business…Mais bon, il va falloir s’y habituer apparemment… 🙁

  • Djaz

    En même temps dans J’irais dormir chez vous en Inde Antoine va dans une ville assez authentique du point de vu spirituel… Il se présente à un temple pour demander d’y séjourner, et le gérant lui explique que c’est la loi indienne qui interdit au temple d’accueillir des étrangers. Autrement dit c’est l’état même qui pousse à l’exploitation du filon. C’est dommage mais en même temps c’est la mondialisation qui cause ça comme l’a dit Adil.

  • Seba

    Ça ne m’étonne pas qu’un business se créé autour de la spiritualité. Tout tourne autour de l’argent maintenant.
    Des nombreux endroits perdent leur charme à cause du biz..

    PS: J’aime beaucoup le design de ton blog 😉

  • Salut Ryan,

    Chouette article. Ca m’a fait penser à une connaissance engagée dans un délire hindouiste depuis qq années. Tout ça, à mon avis, c’est de l’exotisme bon marché, qui procède d’une profonde méconnaissance du patrimoine mystique de sa propre civilisation, voire d’une certaine haine de soi. On résume le christianisme (« judéo-chrétien » est un terme adoré des idiots qui se croient émancipés et qui surtout ne comprennent rien à la mystique) à la haine du corps et à l’Inquisition… C’est d’une prodigieuse idiotie. Pascal Bruckner, auteur que j’ai pas l’habitude de citer parce qu’étant à bien des égards à l’opposé de mes convictions, a largement parlé de ce phénomène du tiers-mondisme, qui consiste à fantasmer une autre civilisation – ou mystique, ici – comme étant plus « pure » et « vraie » que nous qui serions corrompus, etc. On a des gens qui répètent que l’Europe ce serait le Code noir, le commerce triangulaire & l’esclavage, l’Inquisition, etc. C’est ne voir le verre qu’à moitié vide. Et quand on vante des cultures lointaines, c’est par pure ignorance souvent, par superficialité (càd pour n’avoir vu que la surface, les formes extérieures).

    A ce titre, le mouvement new age, les néo-hippies et leurs rassemblements à la con à base de « Pachamama » et de drogues psychédéliques pour se prendre pour des chamanes, est symptomatique. Des rassemblements du type Tribe Gathering ou Boom Festival sont symptomatique de ce nouveau rapport à la mystique, qui est moins un rapport exigeant, mais consumériste : d’une mystique, d’une tradition religieuse, on ne prend que ce qui nous arrange, pas la contrainte. Plutôt le LSD que la longue, patiente et exigeante initiation chamanique ; plutôt les chants et danses à Pachamama parce que c’est joli, que la mystique matérialiste et/ou tout l’environnement culturel (apprentissage de la langue, pratiques rituelles, contraintes sociales et hiérarchiques liées à une civilisation, à un lieu).

    Plus que tout, cela me semble attester une détresse identitaire : on se cherche ailleurs une appartenance et une identité que nos sociétés ne sont plus en mesure d’apporter, la gauche libérale ayant décrédibilisé le sentiment patriotique en harmonie avec la droite libérale qui détruit les frontières et met en concurrence les peuples les uns contre les autres.

    Résumé en peu de mots : hormis de rares, très rares cas de personnes authentiquement engagées dans une pratique rigoureuse, pour l’essentiel ce genre de trucs relève de la tartuferie, de la guignolerie pure et simple.

    Salutations,

    M

    • Djaz

      « Plus que tout, cela me semble attester une détresse identitaire : on se cherche ailleurs une appartenance et une identité que nos sociétés ne sont plus en mesure d’apporter »

      C’est sans doute le cas pour certaines personnes. Mais tu sais, on peut s’intéresser à une culture, vouloir vivre une expérience authentique, sans que ce soit un simple « délire » comme tu dis.
      Je suis tombé par hasard sur la baghavad gita, qui est un livre pilier de l’hindouisme, et je dois dire que ça m’a fasciné du point de vue philosophique, et que j’ai bien l’attention d’approfondir tout ça par la lecture et par l’expérience. Pour autant je ne me considère pas comme un hindou et je ne prend pas de drogue.

  • Bonjour Diaz.

    Je crois avoir été clair en parlant de la majorité de ce mouvement exotisant et new age, qui se jette d’autant plus facilement sur une civilisation lointaine qu’il a du mépris pour sa propre culture et religion qu’il méconnaît, et une certaine idée fantasmée du lointain et de telle spiritualité épurée de toutes les contraintes propres à la civilisation.

    Ainsi, on trouve des guignols néo-hippies qui — drogues ou pas, là n’est même pas la question — entrent dans un délire néochamanique qui fait bien l’affaire de tel « chamane » new age qui y trouve son compte d’autant qu’il remplit son compte (bancaire). C’est d’autant plus commode qu’on ne prend que ce qu’on veut bien prendre d’une culture : ses formes extérieures, comme si s’en tenir à la surface d’une culture était l’embrasser vraiment. Comme s’il était possible d’embrasser pleinement une culture sans en parler la langue, sans en vivre les contraintes sociales et traditionnelles, qui sont aussi le mauvais côté des choses. Pour moi, c’est le caractère commode de la mondialisation : on ne veut que les avantages ; si bien que le monde, y compris celui des traditions et croyances, tourne à la face commerciale, à la consommation pure et simple, sans devoir jamais payer d’efforts profonds. Si bien que ces guignoleries d’ashram relèvent davantage du supermarché des « spiritualités » que de l’ascèse mystique.

    Et j’en parle avec d’autant plus de conviction que mon ex m’en a amplement parlé pour avoir grandi dans une communauté bouddhiste du sud de la France. Les parents y croyaient, plaçaient leurs enfants là-dedans, avaient une vénération absurde pour un guru de la pire espèce, escroc dont ils ignoraient tout… Naturellement, cet exemple n’a pas valeur universelle. Je dis seulement que la naïveté se paie cher et que la réelle mystique est un effort individuel continu, long, et non pas une consommation passagère de « spiritualité » payée rubis sur ongle.

    Si la mystique ou la pensée hindouiste vous passionne : grand bien vous fasse ; vous en tirerez de vifs enrichissements. Mais il convient seulement d’observer une décence et une honnêteté : pétris de culture européenne, nous ne pouvons nous « déculturer » ni travestir notre identité, et ceux qui y croient sont précisément les bons pigeons des marchands de spiritualité dont parle l’article ci-dessus.

    En espérant avoir éclairci mon propos, je vous salue.

    M.

  • Pour compléter ce que j’énonçais sur le goût de l’exotisme et du lointain, je cite volontiers Jean-Jacques Rousseau : « Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins »

  • Djaz

    Merci Mike de ta réponse. Je pense voir ce que tu veux dire, en effet beaucoup s’intéressent à une culture par goût de l’exotisme qu’ils travestissent sans doute inconsciemment en aspiration spirituelle. Mais je pense que pour ses personnes là, le malaise est justifiable. Sans vouloir lancer une polémique, tu as soulevé un point important dans ton premier message, que je me suis d’ailleurs permis de citer. Si l’occident a subit une sorte de  » déculturation  » c’est sans doute la faute de l’individualisme qui éloigne les gens et ne leur permet plus de partager des valeurs communes. Ca peut paraître facile de remettre la faute sur l’individualisme qui est pointé du doigt cent fois par jours, mais je peux comprendre que certaines personnes aillent chercher un certain mode de vie qui inclut une certaine proximité avec les autres. Une aspiration commune, même si le but revendiqué n’est pas celui réellement recherché. Les gens sont donc en effet à la recherche d’une identité mais ça tu l’as déjà dis. Mais est-ce moins honorable pour autant ?

  • Bonjour Djaz,

    L’individualisme est à double tranchant. Bien que je sois très enclin à dénoncer le libéralisme (social, culturel, politique, économique), il ne faut pas non plus, me semble-t-il, que la dénonciation soit absolue ou dépourvue de nuances. Lorsqu’on voyage, qu’on passe du temps dans un lieu, qu’on a le temps de gratter la surface, de nouer des relations, de comprendre ce qu’il y a derrière cette apparence qui peut souvent séduire, on se rend compte que la tradition comme le libéralisme ont tous deux un versant positif et un versant négatif.

    Qui vit dans une société libérale peut vivre seul loin de sa famille, faire l’amour sans devoir se marier ou se cacher dans un « love hotel » (auto-hotel, motel… les appellation varient selon les pays), ne doit pas s’endetter à vie pour un mariage précoce ; les femmes n’y subissent pas autant que dans les pays très traditionnels la pression familiale et sociale, et peuvent disposer librement de leur corps (sexualité, pilule, avortement…).

    Mais le versant négatif logique de cette liberté et de ce recul des valeurs et solidarités traditionnelles, c’est aussi l’isolement croissant des individus qui cessent de partager des croyances communes (le libéralisme ne s’accorde pas avec les conceptions holistiques), la dépression massive, le psychologisme, le repliement narcissique, la décomposition des solidarités familiales, de quartier, de terroir. Les 3000 morts, majoritairement des anciens, lors de la canicule française de 2003 sont un signe alarmant à cet égard.

    D’un autre côté, l’absence de libéralisme, les lourdes contraintes familiales et sociales, le contrôle social des femmes, le machisme et le patriarcat qui en découlent, sont le versant négatif des sociétés traditionnelles. Il ne m’est pas étonnant d’entendre régulièrement des femmes dire qu’elles préfèrent ne pas avoir de compagnon local, qu’elles préfèrent des Occidentaux, parce qu’ils sont moins machistes, moins jaloux, etc. La sexualité épanouie, assumée, d’une femme, est plus suspecte dans un pays patriarcal, traditionnel, qu’en Europe. Cela est le versant négatif des sociétés où l’individualisme est en fait mal vu.

    Le versant positif, ce sont aussi des repères culturels, des cadres de pensée, une fierté de terroir, de culture, une langue, une identité, un artisanat, un art, un attachement à une religion et des valeurs morales fortes, càd à une vision holistique, qui donnent des préceptes moraux… et des raisons collectives de lutter. C’est d’ailleurs parce qu’il y a encore cela, tandis qu’en Europe, cela me semble tout à fait anesthésié par l’effet conjugué de 40 ans de consumérisme de masse et de libéralisme social… et économique (qui ont grandement corrodé les traditions, les terroirs, la paysannerie, les langues régionales, mais aussi le sentiment d’appartenance à la classe prolétaire, qui était considérée « moteur de l’histoire » jusque dans les années 70-80), que je crois qu’il y a plus d’avenir pour des politiques socialistes en Amérique latine qu’en Europe.

    Disons-le métaphoriquement : ce que vous nommez individualisme et qui est en fait un effet direct du libéralisme philosophique, forme des individus semblables à des arbres tronçonnés qui, dépourvus de racines flottent emportés par le caprice des flots de l’économie et de décisions politiques.

    L’identité, c’est quoi ? C’est le caractère de ce qui est identique, semblable. L’identité suppose donc des valeurs, des croyances, un patrimoine, une langue, un art, partagés, communs. Plus le libéralisme corrode ces valeurs, détruit les frontières, les terroirs, les cultures, plus les individus perdus, en détresse identitaire, se cherchent de nouveaux repères : cela explique que certains se tournent vers des sectes, vers le fanatisme religieux, vers telle ou telle idéologique politique, et cela explique grandement pourquoi l’Europe néolibérale a ravivé les extrêmes droites qui depuis les années 90 atteignent des scores historiques dans toute l’Europe (France, Grèce, Hongrie, Pologne, Italie, Flandres, etc.) jusqu’à intégrer des parlements et parfois des gouvernements.

    Voilà.

    Au plaisir de vous lire,

    Mikaël

  • Djaz

    Bonjour mikaël ! Merci de me consacrer du temps pour me répondre.

    Bon alors le débat est lancé ! Car même si je ne suis pas en désaccord total avec ton analyse, je me permets de revenir sur certains points… Mais j’ai évidemment conscience que chacun est libre (ou pense l’être ?) de son point de vue…

    D’abord j’aimerais reconsidérer le sujet principal de ta réponse, soit la condition de la femme.
    Certes il est indéniable que dans certains pays la femme occupe une place peu enviable et que les femmes en Europe n’ont rien à leur envier. Mais cette situation n’est pas une règle absolue et ne s’applique pas à l’ensemble des pays hors occident, loin de là. Dans de nombreuses cultures traditionnelles, la femme occupe peut être une place hiérarchiquement inferieure à l’homme, mais cela s’apparente plus à un partage des tâches, logique en fonction du mode de vie (n’en déplaise à certains féministes) et n’empêche pas un respect mutuel entre les deux époux. Ce qui est généralement le cas dans les familles très attachées aux valeurs religieuses et ne l’est pas nécessairement dans nos sociétés de surconsommation ou la femme est parfois considérée comme un objet du plaisir. Il ne serait pas sérieux de dire que la mentalité occidentale n’est plus du tout phallocratique.

    Alors en effet les femmes occidentales disposent de leur corps et peuvent faire l’amour avec l’homme de leur choix sans éprouver la moindre honte ni avoir de compte à rendre à personne, mais est-ce cela la vraie liberté ? Attention ce que je dis s’applique aussi aux hommes, je ne suis pas en train de prétendre que les libertés des unes doivent être différentes de celles des uns, mais je parle de valeurs morales universelles.

    Ce droit fondamental de disposer de son corps, dans une société ou la surconsommation est prônée, a engendré un devoir : celui de multiplier les expériences sexuelles, la vie est désormais une consécration à la satisfaction de désirs personnels, la quête insatiable des plaisirs. Ceci provoque (irrémédiablement ?) une forme de nihilisme. Certaines valeurs essentielles passent à la trappe, tout ce qui compte c’est le plaisir. Est-ce cela, une « sexualité épanouie, assumée » ? Je ne pense pas… Le sexe, qui était l’acte ultime d’union entre deux êtres s’est transformé en une quête individuelle et personnelle. Il n’y a qu’à voir comme le marché du porno est lucratif dans ces sociétés-là.

    Mais ce qui m’interpelle le plus dans ce que tu as écrit, c’est ton assimilation entre l’individualisme et le libéralisme. Le libéralisme, c’est avant tout un mouvement de pensé qui revendique que l’état n’a pas à intervenir dans certains domaines. Je ne vois pas en quoi le libéralisme s’oppose à la tradition, même si c’est bien sûr le cas dans certains pays, notamment dans ceux où l’état invoque la charia comme loi absolue. Il faut bien resituer le concept d’état et savoir qu’il est bien postérieur à la majorité (sans doute la totalité) des cultures traditionnelles. De ce point de vue là on peut considérer que ces dernières représentent donc une sorte d’idéal libéral, l’état y étant originellement inexistant, il s’est par la suite approprié les traditions populaires, tout simplement car la popularité justifie l’autorité. Pour illustrer ce que je dis, même aujourd’hui, les sociétés complétement détachées de l’état sont le plus souvent des sociétés animistes très traditionnelles où le principe d’holisme est fondamentale.

    Mais tu parles de « libéralisme philosophique ». Or la philosophie se veut de nature libérale, libéré de toute autorité, à la différence du dogme. C’est le principe même de la philosophie, et c’est largement revendiqué dans l’hindouisme (et sans doute dans de nombreuses autres cultures holistes). Alors bien sûr on peut objecter que dans ses sociétés on impose de façon inconsciente une certaine façon de penser, par l’influence culturelle, mais c’est le cas partout, et également dans les sociétés capitalistes ou les médias de masse contrôlent l’esprit d’une grande majorité de la population. C’est une problématique philosophique fondamentale : Sommes-nous réellement libre de nos pensées ?

    On est en train de confondre liberté avec nihilisme. Ce n’est certainement pas dans la consommation matérielle et sensuelle que se trouve la liberté. L’individualisme découle du capitalisme et non pas du libéralisme. D’ailleurs, philosophiquement le concept de libéralisme ne devrait pas être utilisé. C’est mettre dans le même panier les anarchistes et les capitalistes.

    Amicalement, Djaz

  • Bonjour Djaz,

    Je vais essayer de faire le plus concentré possible, faute de quoi nous nous embarquerions dans un interminable débat d’autant plus vain que nous sommes bien plus en accord que vous le pourriez le supposer.

    « il est indéniable que dans certains pays la femme occupe une place peu enviable et que les femmes en Europe n’ont rien à leur envier. Mais cette situation n’est pas une règle absolue et ne s’applique pas à l’ensemble des pays hors occident, loin de là (…) Il ne serait pas sérieux de dire que la mentalité occidentale n’est plus du tout phallocratique. »
    Je suis en Amérique latine et voit la prégnance du machisme et du patriarcat. J’ai pu le voir en Palestine aussi… et le deviner tout aussi bien en Italie. Il y a des degrés, des machismes plus « feutrés » et je le reconnais volontiers. N’en demeure pas moins qu’en France, en Allemagne ou en Suède, par exemple, les femmes — et d’ailleurs les hommes aussi d’une autre manière — sont infiniment moins contraintes par le contrôle social issu d’une mentalité traditionnelle assignant pour le meilleur ET pour le pire les limites à la liberté individuelle. Une amie palestinienne a dû quitter sa terre, parce qu’elle n’en finissait plus d’étouffer dans le carcan de ce contrôle social et religieux où des inconnus lui disaient que faire.

    « Alors en effet les femmes occidentales disposent de leur corps et peuvent faire l’amour avec l’homme de leur choix sans éprouver la moindre honte ni avoir de compte à rendre à personne, mais est-ce cela la vraie liberté ? »
    Je ne l’ai pas prétendu. Mais avoir, parmi d’autres choses, la liberté de disposer de son corps et de devoir en assumer les conséquences, me semble en effet une liberté défendable, même si elle conduit à des excès.

    « Ceci provoque (irrémédiablement ?) une forme de nihilisme. Certaines valeurs essentielles passent à la trappe, tout ce qui compte c’est le plaisir. Est-ce cela, une « sexualité épanouie, assumée » ? Je ne pense pas… Le sexe, qui était l’acte ultime d’union entre deux êtres s’est transformé en une quête individuelle et personnelle. Il n’y a qu’à voir comme le marché du porno est lucratif dans ces sociétés-là. »
    Bon, vous faites un peu des raccourcis. Je ne sache pas que la France ressemble à une boîte à partouze… Et je peux vous assurer que le porno fonctionne également très bien dans les pays arabes ou de tradition musulmane, en Amérique latine ou ailleurs. Je ne sache pas non plus que la liberté de disposer de son corps conduise nécessairement au nihilisme par un lien de cause à effet. Cela participe d’un fait plus large, que Gilles Lipovetsky appelait le « procès de personnalisation » et qui relève du libéralisme social.

    « Le libéralisme, c’est avant tout un mouvement de pensé qui revendique que l’état n’a pas à intervenir dans certains domaines. »
    Non, ça c’est une conception ECONOMIQUE du libéralisme, mouvance philosophique qui a des courants divers. Plutôt que de m’y coller moi-même, je vous cite du Jean-Claude Michéa, ça sera plus commode :

    « Quelle est, pour vous, la différence entre le libéralisme de gauche et le libéralisme de droite ?

    Il conviendrait plutôt de distinguer ici le libéralisme politique et culturel (celui d’un Benjamin Constant ou d’un John Stuart Mill) et le libéralisme économique (celui d’un Adam Smith ou d’un Bastiat). A condition de préciser aussitôt que, d’un point de vue logique (et même, le plus souvent, d’un point de vue historique), ces deux moments parallèles du libéralisme n’ont jamais offert la moindre solution de continuité (un peu à la manière, en somme, dont les deux faces d’un ruban de Möbius ne sont distinctes qu’en apparence). Le libéralisme politique, en effet, se fonde sur l’idée que chacun devrait pouvoir vivre « comme il l’entend » sous la seule réserve qu’il ne « nuise pas à autrui ». De ce point de vue, il est déjà logiquement inséparable du libéralisme culturel, puisque si chacun doit être entièrement libre de choisir le mode d’existence qui lui convient il est clair que toutes les normes de vie héritées de la tradition perdent immédiatement leur pouvoir prescripteur. C’est ainsi, par exemple, que tous les critères qui permettaient autrefois – au nom du simple bon sens – de distinguer (du moins dans la plupart des cas) un fou d’une personne saine d’esprit, un enfant d’un adulte ou un homme d’une femme – devront maintenant être perçues par tous les libéraux culturels comme autant de catégorisations arbitraires, oppressives et « discriminantes » qu’il s’agira, à ce titre, d’expulser définitivement de l’arsenal juridique existant. La logique du libéralisme culturel conduit donc inexorablement à la « désagrégation de l’humanité en monades, dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière » (Engels, 1845). Or une telle « atomisation du monde » – comme l’écrit encore Engels – est, par définition, incompatible avec les exigences d’une vie réellement collective. Tôt ou tard, les libéraux politiques et culturels se retrouvent donc confrontés à l’obligation philosophique de chercher ailleurs que dans la sphère du droit abstrait ce principe d’entente minimale qui, seul, pourra éviter aux individus que le libéralisme culturel conduit mécaniquement à isoler les uns des autres (les humains « mutuellement indifférents » de John Rawls) le retour, sous une forme inédite, de la vieille « guerre de tous contre tous ». Guerre dont la judiciarisation croissante des rapports humains et la multiplication continuelle des procès les plus surréalistes sont désormais devenues notre horizon quotidien (et je laisse ici de côté le développement parallèle de la délinquance et des « incivilités »). Si l’on veut conserver le cadre du libéralisme politique, il n’existe donc qu’une seule solution. Celle que Voltaire avait su formuler avec la plus grande clarté lorsqu’il écrivait que « dès qu’il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion ». C’est ce qui explique que l’échange marchand (le « doux commerce » de Montesquieu) finisse toujours par apparaître, aux yeux des libéraux politiques comme l’unique fondement anthropologique possible d’une société qui, au départ, se proposait seulement de protéger les libertés individuelles et la paix civile. Seul l’univers du marché est effectivement susceptible d’offrir aux individus atomisés par le libéralisme culturel ce langage commun minimal qui leur permettra de s’accorder de façon pacifique sur la seule base de leur aptitude « naturelle » à agir en fonction de leur intérêt bien compris (business is business), abstraction faite, par conséquent, du principe de vie particulier qu’ils auront, par ailleurs librement adopté (et c’est pourquoi les premiers défenseurs du marché voyaient d’abord en lui une école de tolérance). Le problème aurait été toutefois le même si l’on avait choisi de partir des principes du libéralisme économique. Une économie de marché ne peut, en effet, se développer de manière durable que si la plupart des individus ont intériorisé une culture de la mode, du spectacle et de la consommation illimitée – culture fondée, par définition, sur la célébration perpétuelle du caprice individuel et de la jouissance immédiate (il suffit, pour s’en convaincre, d’observer l’univers de la publicité). C’est donc, en dernière instance, le libéralisme culturel – et certainement pas l’austérité religieuse ou le puritanisme moral – qui constituera toujours la forme d’esprit la plus adaptée à une société de croissance et de consommation illimitées (un point que la sociologie critique américaine avait su établir dès les années cinquante). Il y a donc bien – pour répondre à votre question – une différence réelle entre la sensibilité de la gauche libérale moderne (celle qui a renoncé, depuis maintenant plus de trente ans, à l’idée qu’on pourrait encore rompre avec le capitalisme) et celle de la droite libérale. La première prend effectivement son point de départ privilégié dans le libéralisme culturel – ce qui explique qu’elle puisse toujours jouer sa différence électorale sur les questions « sociétales » (mariage gay, légalisation du cannabis, vote des étrangers etc.). La seconde, au contraire, prend d’abord le sien dans les dogmes du libéralisme économique. Mais à partir du moment où on a compris que chacun des deux moments de la doctrine est philosophiquement condamné à chercher dans l’autre le complément idéologique qui lui fait structurellement défaut, on ne s’étonnera plus que, dans la pratique, la différence entre la droite et la gauche ait fini par perdre l’essentiel de son ancienne pertinence. Si l’on veut réellement rompre avec le système capitaliste – et retrouver ainsi le trésor perdu du socialisme originel – il faudra donc apprendre à repenser tous les clivages politiques imposés par la société du spectacle. »

    « Je ne vois pas en quoi le libéralisme s’oppose à la tradition, même si c’est bien sûr le cas dans certains pays, notamment dans ceux où l’état invoque la charia comme loi absolue. »

    Ce n’est même pas une question de charia (à tout le moins dans sa formulation extrémiste qu’on trouve en Iran, en Somalie, en Arabie saoudite, au Pakistan ou en Afghanistan) qui, d’ailleurs, me semble bien moins ancrée dans la tradition qu’un phénomène collatéral de la modernité
    Le libéralisme, en considérant que tout cadre civilisant est une entrave à l’expression d’une liberté pure (ce qui est une conception puérile — et irresponsable — de la liberté : « faire ce que je veux »), en affirmant que le Je est plus important que le Nous, est bel et bien en contradiction avec les sociétés traditionnelles, qui fixent des bornes conceptuelles, symboliques, donc comportementales à la liberté individuelle dans l’intérêt de la communauté.

    « Il faut bien resituer le concept d’état et savoir qu’il est bien postérieur à la majorité (sans doute la totalité) des cultures traditionnelles ».
    C’est bien pour ça que partout où subsiste de la tradition, de l’ancrage, une culture, subsiste une possibilité de résistance. Et c’est pour ça qu’à mes yeux l’Europe a bien moins d’avenir que l’Amérique latine, par exemple : parce qu’elle ne sait plus définir un bien commun, des valeurs communes, mais préfère satisfaire tel puis tel lobby, groupuscule, telle communauté. Le libéralisme est tout simplement, laissé à lui-même, la mort de la res publica.

    « Pour illustrer ce que je dis, même aujourd’hui, les sociétés complétement détachées de l’état sont le plus souvent des sociétés animistes très traditionnelles où le principe d’holisme est fondamentale. »
    Oui, justement, un principe holistique totalement contraire au libéralisme : le libéralisme refuse qu’il existe, dictée par l’Etat ou par un groupe dominant, des valeurs supérieures aux intérêts particuliers ; c’est le règne des communautés d’affinités et de l’égoïsme. Et là, Adam Smith et les libéraux sociaux se rejoignent totalement.

    « Mais tu parles de « libéralisme philosophique ». Or la philosophie se veut de nature libérale, libéré de toute autorité, à la différence du dogme.  »
    Le libéralisme n’est pas la liberté ; c’est un discours sur la liberté. La nuance est d’importance. Personne n’a jamais écrit — ou alors on a ri de lui — que Platon ou Nietzsche étaient des libéraux… C’est même anachronique dans le cas du 1er. Le libéralisme n’est pas la liberté, c’est une idéologie aux branches multiples, une idéologie moderne.

    « Alors bien sûr on peut objecter que dans ses sociétés on impose de façon inconsciente une certaine façon de penser, par l’influence culturelle, mais c’est le cas partout, et également dans les sociétés capitalistes ou les médias de masse contrôlent l’esprit d’une grande majorité de la population. »
    Entre le cadre de représentations, de limites et de croyances d’une religion, qui limitent la liberté humaine, qui répondent à la question fondamentale du sens de l’existence, qui donnent une cohérence à la vie, à ses contradictions… et la télévision qui détruit le sens, qui amplifie le sentiment d’un monde fractionné, illisible, éclaté, incohérent, y’a à peu près aucun lien. La télévision n’apporte aucune réponse au sens de l’existence ; elle participe du Spectacle généralisé qui empêche le retour sur soi, à la distraction qui interdit le temps long de la pensée et de la mystique. C’est sans rapport.

    « On est en train de confondre liberté avec nihilisme. »
    Non, on est en train de confondre liberté et libéralisme. Castoriadis a bien expliqué que les Grecs avaient de la liberté une toute autre conscience, qui n’était pas le « je fais ce que je veux » libéral, mais le sens que la liberté de chacun devait se soumettre à l’intérêt collectif, donc à la participation à la vie civique, et elle était très active, cette participation. Autrement dit, le Nous et le Je étaient indissociables : pas de liberté sans citoyenneté, pas de liberté de l’individu sans action instituante, sans participation aux décisions de la collectivité qui s’appliquent à chacun. Autrement dit la liberté pour les Grecs, à tout le moins les cités démocratiques, c’était l’AUTONOMIE (auto : soi-même ; nomos : loi), autrement dit : le fait de se fixer à soi-même (individuellement et collectivement) ses propres lois, donc limites.
    Cette conception de la liberté, qui est démocratique, a ma préférence, à celle du libéralisme qui conduit à une société de personnes conduites par leurs intérêts égoïstes, société éclatée, où la pulsion infantile du Moi-Je prend le pas sur le Nous civique, ce qui laisse toute place au consumérisme apportant ses réponses à tout désir. C’est ce qu’un auteur a appelé le capitalisme infantilisant.

    (Castoriadis : https://www.youtube.com/watch?v=CJCq6Vy_YRM)

    « Ce n’est certainement pas dans la consommation matérielle et sensuelle que se trouve la liberté. »
    Et non : c’est dans l’appartenance et la connaissance – critique – à une histoire collective, à des symboles, des valeurs, une langue, qui seuls donnent des raisons de lutter. Ce qu’un tas de gens à gauche refusent de comprendre, ignorants qu’ils sont des rudiments de l’anthropologie.

    « L’individualisme découle du capitalisme et non pas du libéralisme ».
    Les deux sont corrélés ; ce sont deux dynamiques parallèles et qui ont fini par se fondre l’une dans l’autre, l’individualisme — qu’on pourrait plutôt qualifier d’égoïsme anticivique et de narcissisme noir car plus proche de la haine de soi que de l’amour de soi — faisant tout à fait l’intérêt des marchands, autant que des confiscateurs de démocratie. J’ajoute que moins on connaît ses racines, plus on est perdu et faible ; c’est pourquoi j’ai tendance à penser et j’en vois de plus en plus la confirmation, que la méconnaissance de ses racines qui dégénère en mépris de sa culture, ce qui est une variante de la haine de soi, est une condition centrale du triomphe du capitalisme.

    « D’ailleurs, philosophiquement le concept de libéralisme ne devrait pas être utilisé. C’est mettre dans le même panier les anarchistes et les capitalistes. »
    C’est précisément pourquoi Joseph Déjacque avait au XIXe siècle distingué libéraux et libertaires. Les premiers sont maintenant plus proche du capitalisme, les seconds ont à voir avec une tradition anarchiste et l’autonomie ouvrière. Autant dire : deux univers de pensée radicalement contraires et opposés.

    Salutations (et désolé, j’ai pas pu faire plus court).

    M

  • adrien

    hi,

    je suis actuellement en Inde et je suis dans la meme spirale infernale de ce buisness de la meditation ! je me demaande comment on arrive a y croire !

    du coup je suis completement paumer !

    avez vous des conseils de destinations ?

    see you everybody

  • Nico

    Article quelque peu…court en fait, de véritables temples et gourou, digne de ce nom ( terme péjoratif en Europe , assimilé à « secte » ) existent en Inde, et contrairement à certains commentaires, ce n’est pas le hasard qui vous fera trouver un véritable ashram . Suffit de s’intéresser à certains domaines ici depuis l’occident, de trouver les bonnes sources…

    Et je vous rassure, je ne suis pas dans un délire hindou occidentaux spirituel ou autre…je m’intéresse à la spiritualité et plus particulièrement à la méditation, et je connais de sources fiables des temples pour pratiquer yoga, visapanna et autre, sans attrapes touristes, puisque vous réglez par une donation ou rien si vous n’êtes pas satisfait…

    D’ailleurs il existe même des temples du genre en Europe, et partout dans le monde, Il suffit de connaitre! OUI certains profitent de ceci pour en faire un business, mais comme ici en Occident avec certaines formes d’ésotérismes ou certains livres dit  » spirituel » , il y à de tout dans ce domaine… mais en lisant l’article on dirait que vous mettez un peu tout les centres dans le même panier…et je vous rassure, ce n’est pas le cas.

    • RyanLesacados

      Merci pour ton commentaire Nico.
      Oui l’article est court, je l’ai écrit quand j’étais en Inde, et je voulais partager mon point de vue sur cet aspect, « sur le coup ». Maintenant, il est vrai que je ne me suis pas renseigné beaucoup sur le sujet et je serais curieux de connaitre les temples dont tu parles 🙂

      Ryan