Tradition au Kirghizistan, la chasse avec un aigle !

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Tradition au Kirghizistan, la chasse avec un aigle !

L’objectif premier de mon voyage au Kirghizistan , c’était de découvrir un pays hors des sentiers battus sans rien préparer avant.

Mais en essayant de me renseigner un peu sur la destination sur internet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas ou très peu d’informations au sujet du pays. Parmi les rares choses que j’ai pu trouver, une tradition locale m’a interpelé : la chasse avec les aigles !

Mais qu’est-ce que c’est que cette tradition ?

Franchement, je n’avais jamais entendu parler de qui que ce soit s’amusant à chasser avec des aigles. Au début, je trouvais même cette idée saugrenue ! Mais c’est en me renseignant un peu plus sur cette pratique sur internet et dans les rares livres consacrés au Kirghizistan (d’ailleurs n’hésitez pas à lire mes conseils pour voyager au Kirghizistan) que je me suis rendu compte que ça n’avait rien d’une blague, et que c’était même une tradition vieille de plus de 800 ans ! A cette époque, l’aigle royal était considéré comme un animal prestigieux d’importante valeur. On pouvait facilement le troquer contre un cheval ou tout autre bien de valeur équivalente !

Les voyageurs occidentaux qui viennent au Kirghizistan ont tendance à confondre la chasse avec les aigles avec la fauconnerie. Il ne s’agit pourtant pas de la même chose, et même s’il n’existe pas de mot français pour désigner « la chasse avec les aigles », la pratique n’est pas considérée là-bas comme un passe-temps mais comme un moyen efficace de chasser tout en conservant les traditions.

Le plus impressionnant, dans tout ça, c’est sans doute, c’est la façon dont les Kirghizes dressent leurs aigles.

Après avoir capturé son oiseau, le chasseur l’enferme dans une cage et l’habitue à sa voix de telle façon à ce que l’aigle, quelques années plus tard, n’obéisse qu’à la voix de son maître. Rendez-vous bien compte qu’au total, le travail peut durer jusqu’à cinq ans avant d’obtenir un aigle bien dressé, qui ne laissera aucune trace sur la fourrure de l’animal. Et oui, je ne le savais pas jusque là, mais les aigles sont des créatures intelligentes !

D’ailleurs, il vivent en moyenne jusqu’à 40 ans, alors autant vous dire que les cinq années d’entraînement intensif sont loin d’être vaines…
La tradition kirghize en matière de dressage d’aigle veut que tout l’entraînement ne soit effectué que par une seule et même personne.

Pour le familiariser à la chasse très tôt, le chasseur nourrit lui-même son aigle et lui apprend à distinguer les différentes fourrures et peaux que l’oiseau devra chasser. Une fois l’aigle âgé de deux à trois ans, l’entraînement se poursuit sur le terrain alors que le chasseur dispose un peu partout des peaux de renards et apprend à son aigle à chasser en situation réelle.
Kirghizstan aigle et maître
Ne possédant pas de photos de très bonne qualité, j’ai préféré illustrer ce texte avec des photos trouvées sur ce blog.

La chasse avec un aigle aujourd’hui

Lors de mon voyage au Kirghizistan, je savais déjà que je voulais absolument rencontrer des chasseurs avec leurs aigles. La pratique étant en voie de disparition, je m’attendais à ce que la tâche soit difficile. Deux choses jouaient cependant en ma faveur :

  • j’étais parti en automne (la saison de la chasse avec un aigle se déroule de l’automne jusqu’au milieu de l’hiver)
  • et je n’ai pas peur de demander conseil aux gens que je croise sur la route.

En plus de ça, je connaissais déjà les régions du pays où était encore pratiquée la chasse à l’aigle.

C’est finalement dans une auberge de jeunesse de Bishkek que j’ai eu la chance de rencontrer la bonne personne au bon endroit. Après avoir interpellé de nombreux locaux qui ne comprenaient rien à ce que je cherchais, Altum a fini par exaucer mes vœux alors qu’il s’est mis à parler de son oncle, chasseur accompagné de son aigle vivant non loin du lac Issyk Kul, à Karakol.

Après m’avoir donné l’adresse de son oncle pour que je lui rende visite, Album m’a parlé de sa famille, des traditions qu’ils essayaient de continuer à faire vivre et de l’activité de son oncle tout particulièrement.

Autant vous dire qu’après cette conversation, je n’avais qu’une envie : partir rencontrer l’oncle d’Album et assister à l’une de ses séances de chasse avec les aigles !

Mon expérience chez l’oncle d’Altum, chasseur avec un aigle !

Bon, je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas eu l’occasion de participer à une chasse au renard à proprement parlé. Ceci dit, ma visite chez l’oncle d’Album, Gul, m’en a beaucoup appris sur cette tradition étrange !

Je suis d’abord monté sur un cheval, que l’on appelle « bercut», puis Gul m’a équipé d’un baldak, un système vraiment bien fait qui se fixe directement à la selle et permet au chasseur de tenir l’aigle sur son bras. Nous ne sommes pas allés plus loin, mon niveau en équitation laissant à désirer… Mais si j’avais été un vrai chasseur kirghize, alors je serais parti au galop pour chasser les renards et les autres petits animaux de la région. Une fois l’aigle envolé, il stagne au dessus du cheval, s’éloigne un peu et observe ce qu’il se passe à quelques dizaines de mètres en-dessous de lui. Une fois sa proie repérée, il fonce dessus et la tue. Certains chasseurs utilisent même deux aigles pour reproduire le procédé de chasse naturel des rapaces.

La chasse à l’aigle en quelques chiffres :

En une seule saison de quatre mois, le chasseur accompagné de son aigle peut tuer en moyenne :

  • De 3 à 5 loups de petite taille
  • De 40 à 60 renards
  • Une dizaine de blaireaux
  • 1 ou 2 lynx

J’imagine que ça vous étonne de voir des loups et des lynx sans cette liste. Comment diable un oiseau pourrait-il tuer de si gros mammifères ? Et bien tout simplement parce que l’aigle est un animal habile qui ne manque que très rarement ses proies et les tuent extrêmement rapidement grâce à ses griffes puissantes.

Kirghizistan aigle sur proie

Bon, si vous aussi vous rêvez de partir chasser avec votre aigle, je tiens à vous prévenir que tous les aigles ne peuvent pas être entraînés ainsi ! Par contre, ceux qui le sont sont des animaux incroyablement loyaux. Durant ma rencontre avec l’oncle d’Altum, j’ai vu de mes propres yeux que bien que n’étant pas attaché à son maître, l’aigle revient toujours, et ce même s’il a attrapé une proie !

Le plus simple, plutôt que de se lancer dans le dressage d’aigles de chasse, reste de rendre directement visite aux chasseurs.
Si ça te tente, tu peux les rencontrer non loin de Bishkek ainsi que dans la région de Naryn ! Crois-moi, c’est une expérience qui vaut vraiment le coup !

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